L'abbaye, un ilot du savoir



  La spiritualité au sein du monastère……… 

Même si la Règle bénédictine n’organise pas entièrement le travail intellectuel des moines, elle précise néanmoins, que ce dernier doit prendre de multiples formes, et occuper une bonne partie de la vie du monastère.On pense alors à la lectio divina , cette étude attentive et méditative de  la bible, qui amène le moine à se rapprocher de sont but : le Salut Collectif par une Sainteté individuelle. Mais, en la matière, le moine va également jouer un grand rôle dans la société civile.

 ….. au service des autres…  


Effectivement, même si la règle prescrit aux moines de s’isoler du monde, de rester dans la clôture protectrice, les religieux vont néanmoins diffuser la bonne parole dans les territoires de leurs abbayes. Sillonnant à travers le pays, ils participeront efficacement à la christianisation de la population, mais aussi à celles des anciennes légendes ou croyances païennes, en les adaptant à la religion du Christ.  Cette christianisation concourra à l’unification de notre pays.Comme nous l’avons vu plus haut, les moines étaient, par rapport au reste de la population, les seuls lettrés, les litterati , opposés à la grande masse des illiterati. La nécessité d’une alphabétisation des populations reste étrangère à tout le Haut Moyen Age, comme il en avait été durant l’Antiquité. En 789, CHARLEMAGNE  oblige tous les abbés et évêques à ouvrir à côté de leur église ou monastère, une école, enseignant la lecture, l'écriture, le comput liturgique, le chant,….dans le but d’unifier le royaume franc et la chrétienté à travers l’unité de la culture et des rites. Force est de constater, que ces écoles abbatiales ne concernaient qu’une certaine élite, ou ceux, destinés au cloître. La base de toute approche de la connaissance était constituée par deux groupes d’art libéraux :    
        

                         
¨ TRIVIUM : Les moyens de la pensée, de la compréhension et de l’expression (grammaire, rhétorique et dialectique).                                     
                        
¨ QUADRIVIUM : Les moyens de la connaissance du monde (Arithmétique, géométrie, astronomie et musique) 

Ce n’est, que progressivement, à partir du XIIème siècle, que ce besoin va trouver un écho favorable dans la société, et notamment dans les abbayes. Les moines vont, par leur sens du devoir d’assistance, contribuer (très progressivement) à l’éducation, mais aussi à l’alphabétisation de la population. Cette mission « d’enseignement » trouvera, dès le XVIII ème siècle, un nouvel essor avec la multiplication des écoles, universités, et centres de réinsertion, tous gérés par des ordres religieux. 

 …pour l’intérêt général…  

Guidé par la lectio divina, et aussi par leur volonté de participer au Salut Universel, les moines savent qu’ils doivent, pour ce faire, connaître et comprendre la parole divine, mais aussi (plus tardivement) les écrits des auteurs grecs. Pour y parvenir, les abbayes vont se doter de vastes ateliers, où des moines spécialisés s’efforceront de copier ces textes, ou de composer des recueils, ou encore de réaliser des ouvrages d’art, notamment grâce à l’Enluminure. Ces ateliers, le Scriptorium, pourront, dans certaines abbayes devenir le centre spirituel du monastère.Par cette action, le monachisme occidental va donc permettre à certains textes de traverser les siècles, contribuant ainsi à la sauvegarde du Savoir, mais aussi à la « redécouverte » de certains textes, dont la pensée platonicienne et la connaissance aristotélicienne…Cette conservation (mais aussi sauvegarde) du Savoir amena les abbayes à se constituer de précieux trésors : les bibliothèques. Non seulement, les monastères accumulaient (parfois de façon déraisonnée) une quantité de livres, mais ils se voyaient aussi confier, par de grands et puissants seigneurs, la réalisation d’ouvrages personnalisés, contribuant ainsi à l’enrichissement de leurs abbayes.